Cargill Haubourdin : l’État spectateur de la destruction d’emplois !

Communiqué de presse – 18 juillet 2020

Je participais ce Jeudi 16 Juillet à une réunion dite de « concertation » organisée par la Préfecture du Nord à propos du dossier Cargill Haubourdin que je suis depuis de nombreux mois avec d’autres élus. Ce site industriel est installé au cœur de la ville depuis 164 ans et réalise l’extraction de maïs et la fourniture de matières premières pour l’alimentation infantile et l’industrie pharmaceutique. Il emploie 330 salariés, lesquels se sont vus signifier pendant la crise de la Covid leur caractère « indispensable à la vie du pays ». La direction de Cargill a engagé depuis de longs mois un projet de restructuration qui, pour l’essentiel, consiste à abandonner un pan entier de l’activité du site et se séparer de près de la moitié des effectifs. Un désastre pour les familles, la ville, l’industrie et l’emploi local. Cargill est un géant industriel américain qui réalisait en 2019 113,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires et 2,56 milliards de dollars de bénéfices. Pour les salariés en lutte pour le maintien de l’activité et leur emploi, rien ne justifie le projet de restructuration défendu par la direction.

Lors de la réunion de concertation, les élus et représentants de l’État ont pris acte des motivations économiques de la direction justifiant le PSE. Ce n’est pas mon cas. Je soutiens les salariés qui ont engagé des procédures juridiques contre ce PSE. Tout me laisse penser que, contrairement aux intentions affichées par la direction, le but sera à terme de procéder à l’abandon total du site.

Dès lors, la discussion s’est réduite à des dialogues tous plus révélateurs les uns que les autres de l’impuissance volontaire avec laquelle élus et représentants de l’État rasent les murs dans pareille situation face à un groupe comme Cargill. Entre deux de mes interventions visant à sonner l’alerte en relais des représentants du personnel présents, j’assistais gêné à ce moment où le député de la circonscription demanda si gentiment à la direction de Cargill, nouvellement mandatée pour réaliser cette restructuration, si elle ne pouvait « vraiment pas faire un petit quelque chose supplémentaire dans le PSE au regard des moyens dont dispose l’entreprise ». Le tout sous le regard désespéré du maire de la commune, soucieux de l’avenir de l’emploi à Haubourdin. A plusieurs reprises, un responsable politique me reprocha mes interventions trop politisées ! Spectacle affligeant et tellement révélateur.

J’apprends ce matin que des salariés du site de Cargill Haubourdin reçoivent des lettres de licenciement pour faute grave pour des motifs plus improbables les uns que les autres. Est-ce de cette manière que la direction de Cargill entend liquider un maximum de salariés au-delà des 129 licenciements annoncés dans le cadre du PSE ?

Par delà la mobilisation générale pour trouver des débouchés pour les salariés licenciés, la lutte doit continuer pour le maintien de l’emploi sur ce site et pour que l’État prenne ses responsabilités face aux dirigeants de Cargill afin de mettre les beaux discours sur la souveraineté, l’emploi et l’industrie en adéquation avec les actes.

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