La fierté insoumise

Un outil au service du peuple

Ce week-end, comme le prévoyait notre calendrier, s’est tenue une nouvelle assemblée représentative de La France Insoumise. Comme à chaque fois, c’était un bonheur de rencontrer ces insoumises et insoumis venus des quatre coins du pays qui, tirés au sort, participaient à leur première assemblée. Souvent, quand ils prennent la parole en public et au micro, c’est pour la première fois. Ils n’en ont pas l’habitude et témoignent de leur émotion à participer à un événement politique de cette envergure.

Leurs récits de militants parmi les plus récents à avoir rejoint le combat commun, sont une fierté collective. Dans l’immense diversité des parcours personnels et des engagements, avec des niveaux d’implication allant du simple au triple selon la disponibilité que la vie permet d’offrir à l’action politique, ils, elles, sont La France Insoumise. Même quand tout les sépare, l’essentiel les rassemble : un programme comme horizon politique, un mode d’action pour stratégie et pour méthode. Ainsi est et va La France Insoumise, d’abord pensée comme un outil au service d’une candidature à l’élection présidentielle de 2017, celle de Jean-Luc Mélenchon.

Puis, un outil d’élaboration et d’entretien d’un programme. Puis encore, un outil tourné au quotidien vers l’action et les solidarités concrètes. Un outil au service du peuple et de sa révolution citoyenne. C’est ce que nous venons de réaffirmer.

Absorber le choc, analyser, comprendre et déduire

Ce week-end, il nous fallait achever d’absorber, de comprendre, d’analyser et de tirer ensemble des conclusions de la situation politique, un mois seulement après le choc des européennes. Traditionnellement sans doute, il y a chez le militant de notre courant politique un réflexe rarement partagé avec autant d’ardeur dans les autres formations, qui consiste à chercher les circonstances d’un accident uniquement dans sa conduite personnelle.

Bien sûr, il fallait en dresser le bilan. Mais comment ne pas voir que la situation politique au sortir de l’élection européenne dépasse largement le sort particulier réservé à cette occasion à La France Insoumise ? Oui, peut-être, nous aurions pu mieux dire ou mieux faire ceci ou cela. Il n’empêche, le revers pour nous n’est pas français mais européen.

Partout sur le continent, les formations amies reculent et l’extrême-droite progresse, souvent dans un face à face avec les libéraux-eurobéats dont la dérive autoritaire croissante en fait en définitive des ennemis de la liberté.

C’est ce face à face qui tiendrait désormais lieu de nouveau clivage politique. Nous ne pouvons nous y résoudre car aucun des protagonistes qui arrivent en tête de ces élections européennes ne prendra jamais en charge comme il le faudrait les urgences démocratiques, sociales et écologiques qui nous ont poussées à créer La France Insoumise.

Ces urgences sont même désormais considérablement renforcées et surplombées d’un anxiogène « tic, tac » qui vient nous rappeler que nous n’avons plus tout le temps devant nous pour les prendre à bras le corps.

Un miroir déformant

Dans cette élection européenne, toute particulière dans la vie politique, nous ne sommes pas parvenus à faire en sorte que celles et ceux qui se sont durablement éloignés de la politique s’en emparent. L’échéance s’y prête-t-elle facilement quand on conjugue le rejet des institutions (et en particulier celles de l’Union européenne technocratique) avec la trahison, par exemple du vote bafoué de 2005 sur les traités ? Assurément non !

Malgré nos efforts, toujours considérables, déployés dans tout le pays, beaucoup de ceux que nous croisons depuis un mois ne sont même pas au courant qu’il y a eu une élection ! Et quand ils le sont, ils sont portion congrue à savoir par exemple que La France Insoumise a subi un revers électoral à cette occasion.

Cependant, nos résultats dans les quartiers populaires ou plus généralement là où nos actions concrètes ont été appréciées, nous encouragent autant qu’ils nous indiquent ce qu’il faudra faire pour la suite. Nous autres les militants avons sans cesse l’?il sur la loupe de la vie médiatique et politique. Pas la grande masse de la société et sûrement pas pour une élection européenne ! Presque tout passe sous les radars. Macron l’a d’ailleurs bien compris. Lui qui s’est jeté dans la bataille au point d’expulser sa candidate des affiches de sa campagne et qui annonçait en ch?ur avec ses ministres que s’il ne gagnait pas face au Rassemblement national, il y aurait de lourdes conséquences sur la capacité du gouvernement à agir.

L’élection a eu lieu. Même s’il ne s’est pas dirigé là où nous souhaitions l’amener, le référendum anti-Macron que nous avions annoncé a bien eu lieu ! Macron l’a perdu. 80% des électeurs ont voté pour ses opposants. Quelles conséquences en tire-t-il ? Aucune !

Il déroule ses horreurs. Après avoir simplifié le code du travail, simplifié l’école de la République, simplifié l’assurance-chômage, simplifié l’industrie française, le voilà qui s’apprête à simplifier vos retraites ! Le vent de la simplification macroniste érode chaque jour un peu plus le principal point d’appui dont nous disposons pour relever tous les défis : la République et son contrat politique.

Les mobilisations en cours que nous soutenons comme à l’école ou dans les services d’urgences en sont symptomatiques. Combien de ceux qui n’en peuvent plus expriment leur colère dans l’abstention ? Combien de ceux qui n’en peuvent plus et qui votent encore expriment leur colère en votant pour le Rassemblement national, pensant ainsi mettre un coup de pied aux fesses d’un système qu’à leur insu et contre leurs propres intérêts, ils entretiennent ce faisant ? Sont-ils tous des racistes ? Savent-ils tous qu’ils votent ainsi pour les principaux alliés du système qu’ils veulent abolir ? Sont-ils vraiment au courant qu’ils votent pour des gens qui, comme ceux qu’ils prétendent combattre, ne veulent pas augmenter le SMIC, veulent que tout le monde travaille plus longtemps etc… ?

La gauche c’est bien, le peuple c’est mieux

L’urgence du moment est de tout faire pour que celles et ceux qui se sont écartés de la vie politique s’en emparent. Ils sont la clé du problème. Un seul porte-à-porte dans un quartier populaire suffit à comprendre qu’aucun chantier interne de l’entre-soi politique ne peut les faire revenir. La grande masse des gens se contrefichent par exemple des chantiers internes de la « gauche ».

Leur problème, c’est leur toit qui menace de leur tomber sur la tête, ce sont les fuites d’eau, les souris et les rats qui envahissent les parties communes de leurs immeubles, se sont les bailleurs sociaux qui ne répondent pas à leurs demandes, ce sont les fins de mois qui commencent dès le début, c’est la vie qu’ils peuvent offrir à leurs enfants ou le soin qu’ils ont pour leurs anciens, c’est le travail etc…

Pour régler tous ces problèmes, comme pour régler les grands défis écologiques et sociaux, il y a un préalable : le peuple doit pouvoir décider. Or, quand il se détourne de la vie politique parce qu’il n’y croit plus, il ne peut consentir à la loi qu’il ne décide pas. Dès lors, tout est vécu comme une violence. C’est aussi cela qui est au cœur de la mobilisation des Gilets jaunes.

Et je veux dire que je suis fier que notre mouvement ait choisi de s’engager pleinement à leurs côtés même si cela est venu en rajouter dans le lot des attaques incessantes contre nous durant la campagne des européennes et même si les Gilets jaunes n’ont pas massivement voté avec nous ensuite. Les commentateurs n’admettent pas que l’on puisse accompagner une mobilisation sans avoir pour seul objectif d’en tirer un bénéfice électoral. C’est ne pas comprendre le moment politique.

Lever les verrous par la souveraineté retrouvée

Cette souveraineté populaire retrouvée est le préalable au règlement des défis qui nous font face. Il ne s’agit pas d’opérer un classement hiérarchique entre les combats à mener (plus de social, moins d’écologie ou l’inverse) mais d’affirmer haut et fort que ce que la situation nous dicte est que la solution c’est le peuple !

Aussi pour cela, il faut en finir avec cette monarchie présidentielle qu’est la 5ème République. L’Assemblée constituante pour passer à la 6ème est l’aboutissement de l’auto-organisation du peuple. Le moyen de sa révolution citoyenne.

De même, pour mener à bien des politiques socialement et écologiquement à la hauteur des enjeux, il faut en finir avec les actuels traités européens qui organisent l’emprisonnement des peuples dans une seule et même politique. J’entends que reviennent, comme à chaque occasion, les appels à l’union de la gauche. Mais la gauche dit-elle tout cela ? Non.

En tout cas pas l’ensemble de ceux qui s’en réclament. Cela ne veut pas dire que son héritage dans l’histoire des luttes sociales doit-être déconsidéré ou que les formations politiques qui la font vivre comme idéal soient à mépriser.

Cela veut simplement dire que ce n’est plus avec la référence au vieux clivage que l’on facilite le positionnement des gens. Changer les mots et la méthode, admettre la transversalité croissante des combats à mener, chercher le point de jonction entre les classes populaires et les classes moyennes, est-ce renoncer à quoi que ce soit sur le fond ? Est-ce faire des concessions avec l’idéal qui nous anime ? Assurément non !

A quoi servons-nous ?

Dans un tel paysage, quelle est l’utilité de La France Insoumise ? Une chose est sûre : si ce qu’elle fait ressemble à ce que d’autres font déjà, elle n’a objectivement pas de raison d’être.

Si La France Insoumise, dans le récit qu’elle raconte, dans ses positions et propositions est simplement « comparable », elle n’a pas d’intérêt.

Or, tout ce qui nous a poussés à la construire est encore plus d’actualité aujourd’hui qu’hier.

Alors ce week-end, il nous fallait réaffirmer sa singularité. Nous avons commencé à le faire en rappelant la fierté de tout ce que nous avions fait depuis que la page blanche de 2016 est devenu plusieurs chapitres d’une histoire comportant désormais plusieurs groupes parlementaires, un demi-million de signataires et des milliers de groupes d’action !

Cette fierté insoumise n’est pas un sectarisme. Certes, nous ne faisons pas un parti politique parce que nous pensons que la forme mouvement est, malgré ses dysfonctionnements que nous résolvons en avançant, plus adaptée aux tâches qu’ils nous faut accomplir que la forme partisane.

L’essentiel des insoumis qui nous rejoignent chaque mois fuiraient en l’espace d’un instant si nous appuyions sur le bouton qui consisterait à transformer La France Insoumise en parti avec ses tendances, ses perdants, ses gagnants et toute l’énergie qu’il faut employer à l’intérieur et non pas à l’extérieur comme les enjeux du moment l’exigent. Il ne peut être question de nier la pluralité des gens qui composent La France Insoumise.

Mais si les partis sont les lieux d’expression de ces différences, le mouvement doit d’abord être le lieu d’action commune de celles et ceux qui veulent que le programme « L’avenir en commun » s’applique et croient en la méthode de la révolution citoyenne pour le faire advenir.

Cela nous oblige à conserver une forme souple et évolutive qui peut s’adapter aux tâches à accomplir dans le moment. Si nous tirons comme conclusion de la séquence que nous devons être l’outil au service de l’emparement de la politique par le peuple, nous devons adapter nos méthodes militantes à cette tâche. C’était l’un des points centraux de nos travaux de ce week-end, par exemple dans la séquence qui avait à traiter des prochaines élections municipales.

S’il ne s’agit plus de dire aux gens « votez pour nous parce que nous sommes les meilleurs avec le meilleur des programmes et nous allons respecter nos promesses » (ce, qu’en fait, tout le monde leur dit) mais de dire « venez siéger avec nous au Conseil municipal pour régler les problèmes », les modes d’action ne peuvent être les mêmes. Dès lors, place à l’audace, à l’invention de formes nouvelles, de façon d’agir, de manière d’aborder etc… C’est un gros chantier que nous lançons là, qui démarrera notamment par le déploiement de formations collectives à ces nouvelles pratiques.

« Nous n’étions pas parfaits ! »

Depuis plusieurs semaines, des critiques d’ordres différents se sont exprimées, notamment dans la presse, sur l’organisation interne de La France Insoumise. Vous remarquerez d’ailleurs que les entrailles du fonctionnement de La France Insoumise sont sans cesse disséquées alors qu’on en sait finalement si peu sur comment font les autres.

Jean-Luc Mélenchon l’a dit avec un zeste d’ironie lors de son discours de clôture de notre assemblée de ce week-end : « nous avons découvert que nous n’étions pas parfaits ! ». Comme si quiconque n’avait jamais pu penser le contraire au sein du mouvement !

Évidemment qu’entre la création de La France Insoumise pour l’élection présidentielle de 2017 et la situation d’aujourd’hui qui est celle d’un mouvement ample avec ses élus, ses équipes, ses groupes d’action à la tâche quotidienne et ses multiples inventions et innovations, le travail d’amélioration de l’organisation est permanent.

Sans doute nous sommes nous régulièrement laissés dominés par le calendrier parce que nous estimions que l’urgence était à saisir les opportunités capables de nous positionner en principal opposant-proposant. Cela, c’est vrai, au détriment d’avancées dans le fonctionnement interne qui se sont faites attendre. Avons-nous eu tort pour autant ? Il s’agit donc à présent d’écrire un nouveau chapitre de notre histoire collective en commençant par apporter les réponses aux besoins exprimés par les militants.

Pour l’essentiel, il s’agit d’outils réclamés depuis un moment et de façon de plus en plus forte afin de pouvoir mieux repartir au combat. S’il est clair que nous n’avions pas l’intention ni n’étions en mesure d’apporter satisfaction à la minorité qui considère que nous aurions tout raté, que le résultat de l’élection européenne annulerait tous nos succès au premier desquels notre score de l’élection présidentielle de 2017, nous sommes entrés dans ce week-end de travaux internes avec un souhait : faire que malgré l’impatience accumulée et ses effets, chacun puisse repartir avec la certitude que les besoins identifiés trouvaient des réponses claires, que la situation était prise en mains, que la volonté de retourner le plus vite possible et mieux outillé à la tâche était réaffirmée.

De nouveaux outils pour se remettre au travail

Bien sûr, nous n’avions pas la prétention de tout régler en un week-end. D’ailleurs tout ne sera jamais complètement réglé si l’on considère que le mouvement doit évoluer en permanence pour s’adapter aux situations nouvelles.

Mais tout de même, il y avait beaucoup à faire. Ainsi, face à l’isolement ressenti par beaucoup des groupes d’action et la difficulté à obtenir de l’aide rapidement en cas de besoin, l’annonce de la création d’une assemblée des groupes d’actions qui sera tirée au sort parmi ses animatrices et animateurs de chaque région chaque trimestre et qui se réunira en présence de l’équipe opérationnelle constitue une avancée saluée.

De même, que les solutions financières proposées alors que nous ne sommes pas un parti politique et donc pas une structure dans laquelle la cotisation est imposée bien qu’il faille chaque jour financer l’action au quatre coins du pays. Nous proposons par exemple d’encourager les projets d’auto-organisation populaire que soutiendraient les insoumis par un budget participatif annuel financé par La France Insoumise.

Bien que le mouvement fasse une priorité de l’appropriation par tous du programme, il est tourné vers l’action et seuls ses groupes parlementaires sont amenés à réagir quotidiennement à l’actualité. Par conséquent, beaucoup d’insoumis estiment que malgré les discussions au sein de leur groupe d’action, il manque un cadre de discussion des orientations stratégiques et de fond auquel ils puissent participer.

L’agora politique de La France Insoumise devrait ainsi voir le jour pour le permettre et que le mouvement se trouve nourri et enrichi de ces échanges. De même que nous allons multiplier les propositions de vote sur la plate-forme.

Je retiens, ensuite, que parmi les annonces plébiscitées lors de nos travaux, celles qui ont suscité le plus de réactions sont finalement les plus simples, c’est-à-dire celles qui consistent à aider à militer dans de bonnes conditions (usages de la plate-forme, identifications des interlocuteurs au sein du mouvement, etc…). Les insoumis ne demandent pas la lune. Ils veulent pouvoir fonctionner. Tout le monde doit s’en réjouir.

Une coordination pour préparer la suite

Lors de notre dernière convention à Bordeaux, nous avions acté la mise en place d’une coordination entre les différents espaces qui structurent le mouvement, correspondant à ses multiples besoins de fonctionnement. Cette coordination a donc été pensée et elle est l’occasion de remettre à plat le travail des espaces de La France Insoumise.

Il y a des secteurs dans lesquels les travaux fonctionnaient, d’autres dans lesquels ils fonctionnaient moins et certains dans lesquels ils ne fonctionnaient pas ou plus Aussi et compte-tenu de nos objectifs, il y avait des espaces manquants comme par exemple celui des « élus et contre-pouvoir » ou « auto-organisation et désobéissance populaire » pour impulser partout les nouvelles pratiques militantes.

Nous avons donc identifié une première série d’interlocuteurs pour chacun de ces espaces qui auront pour tâche d’ouvrir le chantier de refondation nécessaire en leur sein et d’assurer les conditions de l’implication des insoumis qui souhaiteraient prendre en charge des tâches dans chacun d’eux. Aussi, pour mettre en musique ces différents espaces, il m’a été proposé de travailler à leur coordination.

Évidemment, et malgré que nous ayons pour but de mettre sur pieds des outils utiles pour l’action du mouvement et qu’à La France Insoumise on gagne ses galons jusque dans les groupes d’action par la prise en charge de tâches et uniquement comme cela, le commentaire médiatique ne fait qu’une lecture hiérarchique de la situation présentée.

J’admets que cela soit une tâche ardue de commenter un objet politique inédit jusque dans les détails de son fonctionnement avec le vieux référentiel des partis politiques traditionnels pour lesquels je redis ici que je n’ai pas le moindre mépris.

Mais pourquoi penser un organigramme fonctionnel évolutif comme une direction rigidifiée avec des rangs collés aux uns ou aux autres ? Ce n’est pas ce que nous faisons.

A La France Insoumise, qui prend en charge des tâches est un responsable politique et nous veillons à nous faire les uns et les autres la courte-échelle plutôt que des croche-pattes. Ainsi par exemple, le fait que je puisse être amené à coordonner le mouvement ne procède d’aucune rétrogradation ou que sais-je de cette sorte pour quiconque parmi nous.

Pour bien comprendre

Au sein du groupe parlementaire dans lequel je siège à l’Assemblée nationale, ces propositions d’évolution de l’organisation du mouvement ont aussi été présentées car, si le groupe ne peut prétendre à lui seul diriger le mouvement, il en est de fait l’espace le plus visible.

De même que l’essentiel des insoumis, les parlementaires font des propositions pour prendre en charge des tâches dans la vie de notre organisation. Ils ont aussi la possibilité de contribuer aux textes discutés lors des assemblées représentatives dont ils sont membres de droit. Aussi, je regrette que ma collègue Clémentine Autain ait choisi de s’étonner à la télévision de notre réorganisation à l’heure même où se tenaient nos travaux.

Elle y avait pourtant toute sa place. Je ne lui tiens pas rigueur de ne pas être venu ce week-end car je sais à quoi ressemble nos agendas. Si elle était venue, elle aurait pu apprécier, comme nous tous, qu’au sein de notre assemblée (dont les débats étaient d’ailleurs intégralement diffusés en direct sur internet), la contradiction s’exprime, que les désaccords se disent tranquillement et que personne n’est « mis au ban » sur le principe d’un simple désaccord.

Les critiques sont utiles et nécessaires. Mais quand elles ne sont pas en adéquation ou qu’elles apparaissent comme en décalage complet avec la situation, elles donnent la malheureuse impression de ne servir qu’un dessein personnel. Plus que jamais, nous avons besoin de jouer collectif et Clémentine Autain, je crois, sait que j’y contribue.

De même qu’elle me sait disponible pour la discussion et que je trouve dommage d’être contraint de se répondre par médias interposés puis-qu’évidemment les questions des journalistes se nourrissent rarement de nos points d’accord ! Nos désaccords stratégiques ne nous empêchent pas de taper sur le même clou à l’Assemblée nationale et c’est tant mieux.

Remonter en selle avant la pause !

Je crois que ce week-end nous avons bien travaillé. Et je ne le mesure pas à ma satisfaction personnelle (car la fatigue accumulée rend mon thermomètre peu efficace) mais à la lumière des discussions que j’ai pu avoir avec les insoumis présents. Ils étaient arrivés le cœur pesant à l’ouverture de nos travaux, encouragés par certains, et sont repartis le cœur plus léger, souvent rassurés et avec l’envie d’aller vite raconter ce que nous avons fait ce week-end et déployer toutes les nouveautés auprès de leurs groupes d’action afin que tout le monde parte en pause estivale avec confiance.

D’autant que pendant ladite pause, il y aura de quoi s’occuper avec passage de relais entre les militants juilletistes et aoutiens ! C’est que la collecte des signatures pour le référendum contre la privatisation de nos aéroports n’attend pas ! C’est que les actions avec les citoyens de chacune de nos communes pour préparer la bataille des municipales n’attendent pas non plus !

Notre assemblée représentative ne pouvant prétendre décider pour l’ensemble des insoumis, comme à notre habitude, les textes et annonces travaillées lors de ce week-end sont transmis à l’ensemble du mouvement pour adoption.

Si les insoumis partagent notre souhait d’ouvrir ces chantiers de refondation pour préparer la suite, je réunirai alors la coordination pour qu’elle démarre ses travaux afin qu’au plus vite les évolutions proposées ce week-end soient suivies d’effets et que chaque espace puisse définir les modalités d’implication de chacun dans le travail à accomplir.

La génération mouvement

Oui, c’est une nouvelle génération de militants politiques à laquelle j’appartiens qui assume ses responsabilités en osant la première ligne face à nos adversaires. Elle ne le fait pas pour se débarrasser de la génération précédente. Je veux insister sur ce point.

On ne le dira jamais assez mais, plus que d’être le tribun hors-pair et l’intellectuel qui a pensé avec d’autres La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon est l’un des rares de cette génération de dirigeants politiques à avoir construit méthodiquement l’émergence de la génération d’après.

Et combien d’autres autour de lui parmi les suivants nous ont tendu la main pour que nous rejoignons le combat et nous ont entourés lors de nos premiers pas ?

Je pense au très regretté François Delapierre, à Alexis Corbière, Eric Coquerel, Gabriel Amard, Danielle Simonnet et combien d’autres comme eux… Je ne peux pas ne pas citer ceux qui ont été les premiers à m’accueillir puis à m’accorder leur confiance à Lille alors que je faisais mes tous premiers pas de militants politiques : Laurent Matejko alors conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais, Christine Le Coënt membre du bureau du Parti de Gauche ou encore Sébastien Polvèche dont j’avais pris le relais à l’animation du comité local du parti.

A ceux-là, je veux dire non seulement ma reconnaissance mais dire aussi que cette « génération mouvement » que nous incarnons a bel et bien besoin de leur force dans les batailles à venir. Conjuguons nos énergies ! C’est le message que j’adresse d’ailleurs à tous les insoumis et, au delà, à ceux qui partagent ou partageront demain nos combats.

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