[Question au gouvernement] Le président du Samu social doit être indépendant et avoir des moyens suffisants

M. Adrien Quatennens attire l’attention de M. le ministre auprès de la ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, chargé de la ville et du logement sur la nomination du nouveau président du Samu social.

Le 12 décembre dernier, Eric Pliez, président du Samu social depuis 2013, a mis fin à ses fonctions afin de s’engager dans la campagne pour les élections municipales. Cette décision doit être respectée et sa volonté de ne pas poursuivre une mission qu’il n’aurait pu assumer pleinement doit être saluée.
Le Samu social joue un rôle fondamental dans la gestion du 115, l’organisation de maraudes et le financement de places d’hébergement dans toute l’Ile-de-France. Pour rappel, 500 enfant dorment à la rue chaque soir dans la capitale et les appels au 115 ont été multipliés par 3 en 3 ans. Loin de la promesse de « 0 SDF » du président de la République en 2017. Toutefois, la présidence reste depuis lors vacante. Ce long délai interroge, la décision de monsieur Pliez étant connue depuis plusieurs mois.

Depuis la création du Samu social, la présidence était confiée d’un commun accord entre le ministère de la Ville et du Logement et la Ville de Paris. Aujourd’hui, le ministère de l’Intérieur souhaite s’immiscer dans cette décision. Au cœur de cette décision se pose en effet la question de la sauvegarde du principe de l’accueil inconditionnel dans les structures d’hébergement. Principe auquel le ministre de l’Intérieur souhaite s’attaquer.

Raisons pour lesquelles des candidatures légitimes, comme celles de Christophe Devys, président du collectif Alerte, ou de Pascal Brice, ex-directeur de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) ont été repoussées. Une candidature est toutefois soutenue par le ministère de l’Intérieur : celle d’Alain Christnacht. Sans remettre en cause ses compétences, la nomination d’un haut-fonctionnaire, ancien de la DGSE, inconnu dans le secteur de l’hébergement, fait naître de nombreuses inquiétudes.

Le président du Samu social a un rôle éminemment politique en tant que lanceur d’alerte. Son indépendance et sa liberté doivent être garanties. L’intervention du ministère de l’Intérieur dans le processus de désignation ne le permet pas.

Aussi, monsieur Quatennens demande à monsieur le ministre de prendre toutes les dispositions nécessaires, en accord avec la Ville de Paris, à la nomination d’un président indépendant et de lui donner les moyens à la hauteur de ses missions.

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