Question au gouvernement – situation des personnels soignants de cardiologie du CHU de Lille

M. Adrien Quatennens, député du Nord, attire l’attention de Mme la ministre des solidarités et de la santé sur la situation des personnels soignants de cardiologie du CHU de Lille.

L’institut Cœur Poumon a vocation à regrouper les secteurs de pneumologie et de cardiologie dans un seul bâtiment d’ici fin 2020. L’élaboration du projet reposait notamment sur une capacité d’autofinancement de 5,7 millions d’euros dont 2,6 millions d’euros d’économies sur les « dépenses de personnel ». Ces montants ont été contractualisés avec l’autorité de tutelle, représentée aujourd’hui par Mme la ministre. Il s’agirait de supprimer environ 65 postes, dont 44 dans les effectifs du personnel soignant.

Pour l’heure, 4 postes d’infirmiers ont déjà été supprimés dans le secteur des soins intensifs. Près de 12 postes doivent être supprimés entre mi-décembre et mi-janvier 2018 dans le cadre de cette réorganisation et de déménagements d’unités hospitalières. D’ici 2020, des dizaines d’autres emplois seront donc encore amenés à disparaître.

Ces décisions mettent en danger l’établissement, les personnels et les patients. Les personnels hospitaliers sont déjà soumis à une charge et un rythme de travail à la limite du supportable. Partout, le service public hospitalier et ne peut assurer ses missions que grâce au dévouement d’agents désireux de remplir leurs missions d’intérêt général.

Les agents hospitaliers du CHU de Lille sont par ailleurs écrasés par un projet qui avance à marche forcée et à un rythme effréné. Ce chantier impose son calendrier en obligeant chacune et chacun à s’adapter à des changements profonds dans des délais très courts et à faire face à une charge de travail toujours plus grande, ce qui met en péril la qualité des soins et déshumanise la fonction du personnel soignant.

L’augmentation de la capacité d’accueil et de l’activité prévisionnelle du centre hospitalier devrait aller de pair avec le maintien d’effectifs en nombre suffisant pour conserver une véritable expertise et assurer la qualité de la prise en charge des patients. Le CHU de Lille est un « établissement référence » dans toute la région et à l’échelle du pays. Ce projet surdimensionné, de l’aveu même de la direction, ne saurait remettre en cause la capacité des personnels à assurer leurs missions. Le directeur général du CHU a rappelé qu’il est tenu par ses engagements contractualisés avec le ministère et qu’il ne saurait y déroger, même si ces engagements conduisent à la suppression précipitée de tant de postes.

Dès lors, Monsieur Quatennens interroge Madame la ministre sur les mesures qu’elle entend faire pour mettre fin à ces suppressions de postes inopportunes et dangereuses pour les conditions de travail des soignants et la prise en charge des patients dans le plus grand centre hospitalier au nord de Paris.

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