Question au gouvernement sur l’abandon du service auto-trains

M. Adrien Quatennens attire l’attention de Mme la ministre chargée des transports sur l’abandon du service de transport ferroviaire longue distance des véhicules de particuliers.

La direction de la SNCF a récemment confirmé l’arrêt définitif des autos-trains le 14 décembre prochain. Cette décision est incompréhensible et va à l’encontre de tout sociaux et environnementaux.

Ce service, né en 1957, a longtemps été une fierté du service public ferroviaire. Dans les années 1980 il permettait de transporter par le rail en moyenne 200 000 véhicules chaque année, offrant ainsi une alternative directe à leur déplacement sur les routes, avec tous les avantages que cela comporte : diminution des émissions de gaz à effet de serre et de la pollution atmosphérique et baisse de la mortalité routière notamment. « Bagage à volonté, dormir et rêver en tout sécurité, en toute tranquillité », ainsi était réalisée la promotion de ce service.

Pourtant, dès les années 1990 la direction de la SNCF a fait le choix de se désengager du secteur, l’asphyxiant petit à petit, multipliant les fermetures de sites et les suppressions de dessertes. En conséquence, en 30 ans, le trafic a diminué de 80%. En 2017, 13 destinations ont encore été supprimées, notamment celles de Lyon et de tout le grand Sud-Ouest.

Pour justifier l’arrêt définitif de ce service, la SNCF prétexte un faible taux de remplissage. Celui-ci a pourtant atteint 68% en 2018. La stratégie de la direction a mis en danger ce service et pose question. En effet, elle a organisé elle-même sa propre concurrence en renforçant son partenariat avec le loueur Avis. Pire, elle met même son site internet à disposition d’une entreprise privée qui la concurrence directement : Expedicar. Celle-ci propose des services de transport par camions ou par chauffeur privé, bien plus onéreux et dramatiques sur le plan écologique, mais devrait pourtant bénéficier de la décision de la direction de la SNCF.

Il s’agit d’une stratégie bien connue de casse du service public. Elle consiste en une érosion des services rendus, en une asphyxie à petit feu qui conduit à sa dégradation et à son abandon sur ce motif. Elle a ainsi engendré 6 millions d’euros de pertes en 2018.

Cette décision va procéder à la remise sur la route des 35 000 véhicules transportées sur longue distance l’année dernière. Elle va à l’encontre de l’impératif écologique et menace directement plus de 30 emplois.

Monsieur Quatennens interroge donc madame la ministre sur les mesures qu’elle compte prendre pour empêcher l’abandon de ce service par la SNCF et sur les outils qu’elle entend mettre en place pour le renforcer, l’améliorer, et répondre enfin à la nécessité de nouveaux modes de déplacement, à rebours de la politique qu’elle mène depuis sa prise de fonction.

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