Gilets Jaunes, la bonne nouvelle de 2018 !

Ce « mouvement qui s’essouffle » n’en finit plus de continuer !

Ainsi s’achève 2018. Comment ont-ils pu imaginer un seul instant que la déconfiture de Macron se terminerait avec l’entrée dans la période des fêtes de fin d’année ?

Certes, les machines à dénigrer le mouvement des Gilets Jaunes ont démarré très tôt, dès les prémices de la mobilisation. Elles en paieront d’ailleurs le prix car le traitement médiatique qui leur a été réservé a achevé d’ouvrir les yeux de nombreux français sur le rôle de couche protectrice qu’assument de jouer certains médias pour le pouvoir.

Ces machines à dénigrer ont d’ailleurs redoublé de vigueur ces derniers jours sur le sempiternel thème du « mouvement qui s’essouffle ». Comment oser minorer ainsi la puissance d’une telle colère quand elle est capable de maintenir des niveaux de mobilisations inédits en pleine trêve des confiseurs ?

A l’évidence, on peut dire sans trop prendre de risques que l’année 2019 va commencer avec les Gilets Jaunes ainsi que se termine 2018 et n’en déplaise à ceux qui auraient tant aimé que la dinde farcie aux marrons n’eût raison de la révolution citoyenne enclenchée.

Le Peuple fait de la récupération politique. Tant mieux !

Les Gilets Jaunes auront été la bonne nouvelle de l’année 2018. Car oui, c’est une bonne et même une excellente nouvelle que de voir cette France invisible, que l’on disait gagnée par la résignation, relever la tête et prendre son destin politique en mains.

Il faut dire et redire qu’en dépit de toutes les tentatives de dépolitisation du mouvement des Gilets Jaunes sur le thème de la très-à-craindre « récupération politique », il ne s’agit là en fait que de politique.

En effet, se rassembler sur des ronds-points, décider collectivement d’actions et des moyens de leur organisation, établir des cahiers de doléances et des listes de revendications, ce n’est rien d’autre que de la politique.

Mieux, cela réhabilite l’idée même de ce qu’est et de ce que doit être la politique, à savoir non pas le domaine réservé de quelques spécialistes sortis des écoles où l’on apprend à en faire son métier mais bien l’affaire de tous et donc du peuple lui-même qui se constitue en tant que peuple parce qu’il est acteur de son destin politique.

En 2019, partagez ou dégagez !

Qu’importe qu’à cette heure, le débouché politique de la situation n’apparaisse pas clairement. Il viendra en son temps. En attendant, la qualité comme la récurrence des mots d’ordre mis en circulation dans le mouvement des Gilets Jaunes pèsent davantage que n’importe lequel des sondages.

Désormais et après des semaines de tentatives de pourrissement par Macron et son gouvernement, c’est bien autour de la question de l’exercice du pouvoir lui-même que se concentre l’essentiel des revendications.

On en oublierait presque que la première revendication qui avait vu démarrer le mouvement était celle de l’annulation de la hausse des taxes sur le carburant désormais acquise pour 2019. L’exigence de justice fiscale, que les riches que Macron sert allègrement soient mis à juste contribution, que l’effort cesse de peser pour l’essentiel sur les contribuables les plus modestes, voilà le socle commun à toutes les revendications entendues sur les ronds-points de France et dans les manifestations.

Dans le débat sur les réponses fiscales à apporter à cette juste et saine mobilisation, La France Insoumise aura formulé comme à son habitude des dizaines de propositions allant de l’instauration des 14 tranches d’impôts pour lisser l’effort entre tous de façon à ce que toutes celles et ceux qui gagnent moins de 4 000 euros par mois paient moins d’impôts, à l’instauration d’un taux supérieur de TVA pour les produits de luxe afin de l’alléger considérablement sur les produits de premières nécessités en passant par l’impôt universel et autres solutions efficaces pour lutter contre la fraude et l’évasion fiscale.

Mais face à un pouvoir qui a cru qu’il était possible de répondre à cette profonde exigence de justice fiscale par la distribution de quelques très hypothétiques miettes, ce sont les conditions de l’exercice du pouvoir qui sont désormais en cause.

De l’urgence de convoquer une Assemblée Constituante

La proposition d’instauration d’un référendum d’initiative citoyenne qui permette d’abroger ou de proposer une loi ainsi que le propose La France Insoumise, d’assemblées citoyennes, comme toutes les revendications permettant d’aboutir à la garantie d’intervention populaire possible en cours de mandat sont autant de preuves de l’obsolescence de cette Vème République qui concentre tous les pouvoirs dans les mains du monarque présidentiel et lui permet de gouverner contre le peuple qu’elle maintient à distance après avoir exigé son vote comme on demande un blanc-seing.

Garantir la souveraineté populaire et la capacité d’intervention du peuple tout en assurant la stabilité des institutions, telle devrait être l’une des tâches de l’Assemblée Constituante qu’il est urgent de convoquer.

En permettant au peuple de redéfinir lui-même toute la règle du jeu, on réglerait bien des problèmes à la fois et l’on pourrait en finir avec la grève civique qui s’exprime par l’abstention et tout un personnel politique que cela ne perturbe nullement et qui continue à aller d’un scrutin à l’autre comme si tout allait très très bien.

Le peuple français, c’est une chance, est un peuple politique. Il est urgent de lui permettre de s’impliquer à nouveau pleinement dans la vie politique et l’organisation de la cité. Ainsi, ce moment des Gilets Jaunes ne saurait être vécu comme une menace pour notre démocratie. Il est au contraire une immense opportunité car il porte en lui l’exigence d’un changement radical. Or, ce changement radical est la solution raisonnable aux défis que nous avons à relever.

Macron va parler depuis un fossé

Ce soir, Macron va présenter ses vœux. Rappelons-nous qu’à bien l’entendre, 2018 devait être l’année de la cohésion nationale. Cette cohésion, incontestablement, est en train de se faire contre lui. Ainsi, quand en 2017, Macron nous présentait ses vœux pour 2018, sa côte de popularité était déjà tombée à 42%.

Ce soir, il nous parlera seul depuis un fossé puisqu’il est désormais à 23%. Il est peu probable qu’il annonce le rétablissement souhaité de l’impôt de solidarité sur la fortune ou une révolution fiscale car Macron n’entend pas que les riches soient solidaires.

Il est peu probable qu’il annonce la convocation d’une Assemblée Constituante car Macron qui devait renouveler l’exercice du pouvoir s’accommode très bien de la poussière de cette Vème République en fin de cycle. Il est peu probable qu’il annonce la dissolution de l’Assemblée nationale car Macron est convaincu que ça va passer comme s’est venu. Il est peu probable qu’il annonce l’amnistie pour les manifestants condamnés car Macron est faible avec les forts et fort avec les faibles.

Les miettes, c’est pas du gâteau !

En ce mois de janvier qui va s’ouvrir, en même temps que l’instauration du prélèvement de l’impôt à la source, les français découvriront les mensonges d’un Président qui a cru qu’ils faisaient l’aumône et qu’il suffirait de leur distribuer quelques miettes pour mettre fin à leur aspiration au partage réel du gâteau.

Ni l’augmentation de la conditionnelle prime d’activité ni la suppression de cotisations ne constituent une hausse de salaire qui permettrait une meilleure répartition de la richesse créée dans l’entreprise.

La prime exceptionnelle est comme son nom l’indique et l’essentiel des travailleurs n’en verra donc pas la couleur. La suppression d’une hausse de CSG ou d’une hausse de taxe ne rend pas la vie qui était déjà chère moins chère.

En fait, à moins qu’il ne chante une jolie chanson qui plairait à tout le monde, sauf à répondre aux revendications du peuple, on voit mal ce que Macron pourrait dire ou faire ce soir qui lui permette de commencer l’année autrement qu’il ne l’a terminée.

Macron, c’est déjà fini

Car, si l’année 2018 a aussi été marquée par de puissants signes avant-coureurs qui auront sérieusement grippé la machine Macron comme l’affaire Benalla qui revient en cette fin d’année par la fenêtre d’où elle avait été éjectée, la démission sur fond de diagnostic politique et écologique clairs de Nicolas Hulot ou celle plus opportuniste du fidèle Gérard Collomb, c’est bien le soulèvement des Gilets Jaunes qui restera dans l’Histoire comme le coup d’arrêt au quinquennat d’Emmanuel Macron.

Inutile de faire semblant : excepté dans les rangs des ravis de la macronie, ça se sent, ça se sait et ça se dit que ce quinquennat est déjà fini.

C’était prévisible, c’était annoncé mais personne ne peut s’en réjouir. Car le temps perdu et les coups portés sont irréversibles. Il faut espérer que ce volcan en ébullition éclate positivement.

Le partage des richesses et la 6ème République, d’extrême droite ?

Si l’on en croit les éditorialistes et les enquêtes d’opinion, ce serait comme presque partout en Europe l’extrême-droite qui tirerait les marrons du feu.

Quelle pire perspective pour un mouvement qui porte en lui l’exigence de partage des richesses que d’être traduit par un parti politique qui utilise et grossit l’immigration comme un épouvantail pour faire peur et refuse l’augmentation du SMIC et ne brille pas par son aspiration à en finir avec les inégalités ?

Autant chacun peut constater par soi-même les compatibilités (pour ne pas dire les similitudes, ce serait de la récupération !) entre les revendications des Gilets Jaunes et le programme de La France Insoumise mais qui peut expliquer le lien entre l’ample cahier de doléances des Gilets Jaunes et le programme étriqué de l’extrême-droite ? A peu près personne et comme on le comprend !

Macron fait un voeu : une liste des Gilets Jaunes aux européennes !

La colère juste accumulée depuis trop d’années qui s’est exprimée en 2018 peut se traduire dans les urnes en 2019 car 2019 est une année électorale.

Le 26 Mai de cette nouvelle année, on votera pour les élections européennes et la délégation française au Parlement Européen. La République En Marche semble avoir vu dans l’approche des élections européennes l’occasion de mettre les Gilets Jaunes sous le tapis.

« Faîtes une liste aux élections européennes ! » semble dire la majorité macronienne aux Gilets Jaunes comme un maître dirait à son chien de rentrer à la niche !

C’est que la macronie a sans doute compris que « le grand débat » promis par Macron est déjà rejeté par les Gilets Jaunes à qui on ne la fait plus.

Non, Monsieur Macron, les français ne demandent plus à parler et à être écoutés : ils exigent que vous partagiez et ils veulent pouvoir décider ce qui n’est pas exactement la même chose, vous en conviendrez !

A ce stade, il parait peu probable que les Gilets Jaunes ne se laissent enfermer dans l’idée d’une liste aux élections européennes dont ils ont bien compris qu’elle servirait d’abord et avant tout le parti du Président dont ils réclament la démission.

Si les Gilets Jaunes décidaient de faire une liste aux élections européennes, on voit bien comment celle-ci ferait le bonheur de La République En Marche qui y verrait une occasion de fragmenter un peu plus ses oppositions mais on voit mal comment celle-ci pourrait satisfaire les revendications immédiates portées par le mouvement.

Mais c’est à eux, les Gilets Jaunes, qu’appartient intégralement la décision et gare aux bardes qui voudraient en profiter pour se placer ou aux opportunistes toujours prêts à monnayer !

Si l’on en croit les aspirations des Gilets Jaunes eux-mêmes sur les groupes de discussion en ligne et dans les mobilisations, le plus probable est que cette farce macronienne d’une liste des Gilets Jaunes aux élections européennes n’aboutisse pas.

2019, le référendum anti-Macron !

Une chose est sûre néanmoins : rien n’empêchera plus que le scrutin des élections européennes du 26 Mai 2019 ne se tienne dans le pays à la manière dont se tiendrait un référendum contre Macron, son monde et sa politique.

L’une des premières traductions que l’on peut espérer pour le début d’année 2019 est que la température politique monte d’un cran et s’exprime par exemple par un afflux dans les mairies pour les inscriptions sur les listes électorales jusqu’à la date limite du 31 Mars.

C’est, avec l’accompagnement bienveillante du mouvement des Gilets Jaunes qui va se poursuivre, la tâche politique prioritaire pour ce début d’année.

Inscrivez-vous sur les listes électorales, faites inscrire vos voisins, vos amis et les membres de votre famille et par cette remontée des inscriptions sur les listes et l’intention de participer aux élections européennes, signifiez à Macron votre résolution pour 2019 : lui infliger une raclée démocratique tant méritée !

Sur ce, à toutes et tous, je souhaite une très belle année !

A lire également

Leave a Comment